Médicaments de routine : cinq traitements courants qui peuvent vous valoir une arrestation au Japon

Médicaments de routine : cinq traitements courants qui peuvent vous valoir une arrestation au Japon

Publié le 20/01/2026 à 14h00

Le Japon est souvent perçu comme un pays sûr, organisé et accueillant pour les voyageurs étrangers. Pourtant, sa législation en matière de médicaments est parmi les plus strictes au monde. Chaque année, des touristes et expatriés sont arrêtés, interrogés ou refoulés à l’aéroport pour avoir transporté des médicaments parfaitement légaux dans leur pays d’origine. Cette réalité méconnue expose les voyageurs à des risques juridiques sérieux, parfois dès leur arrivée sur le territoire japonais.

Un cadre légal particulièrement strict sur les substances médicales

Au Japon, la réglementation des médicaments relève à la fois du droit pénal et du droit de la santé publique. Les autorités japonaises classent de nombreuses substances comme stupéfiants ou psychotropes, même lorsqu’elles sont prescrites par un médecin à l’étranger. La possession de ces substances sans autorisation spécifique peut être assimilée à une infraction pénale, indépendamment de l’intention du voyageur.

La prescription médicale étrangère n’a aucune valeur juridique au Japon. Les contrôles douaniers sont rigoureux, et l’argument de la méconnaissance de la loi n’est pas recevable. Dans les cas les plus graves, les sanctions peuvent inclure une arrestation, une garde à vue prolongée, une amende importante, voire une peine de prison.

Les médicaments contre le rhume et la toux à base de pseudoéphédrine

De nombreux médicaments courants contre le rhume ou la grippe contiennent de la pseudoéphédrine ou des substances similaires. Au Japon, ces composés sont strictement réglementés en raison de leur potentiel d’utilisation dans la fabrication de drogues de synthèse. Leur importation est interdite sans autorisation préalable, même en petite quantité.

Des voyageurs ont été arrêtés à l’aéroport pour avoir transporté des médicaments achetés librement en Europe ou en Amérique du Nord. Ces situations donnent lieu à des interrogatoires approfondis et peuvent conduire à une détention temporaire.

Les traitements pour le trouble du déficit de l’attention et l’hyperactivité

Les médicaments utilisés dans le traitement du TDAH, notamment ceux contenant des amphétamines ou des dérivés stimulants, sont considérés comme des stupéfiants au Japon. Leur importation est strictement interdite, y compris à des fins médicales personnelles.

Contrairement à certains pays qui prévoient des exceptions pour usage thérapeutique, le Japon ne reconnaît pas ces traitements. Les personnes concernées doivent impérativement consulter un médecin local pour envisager des alternatives autorisées sur place.

Les anxiolytiques et somnifères couramment prescrits

Certains anxiolytiques et somnifères largement utilisés en Europe, notamment ceux appartenant à la famille des benzodiazépines ou assimilés, sont soumis à des restrictions sévères. Leur importation peut être tolérée uniquement dans des quantités très limitées et sous conditions strictes, incluant une documentation précise et parfois une autorisation administrative préalable.

En l’absence de ces démarches, le voyageur s’expose à une confiscation du médicament, mais aussi à des poursuites si la substance est jugée illégale.

Les antidouleurs puissants contenant des opioïdes

Les médicaments antidouleur contenant de la codéine, du tramadol ou d’autres opioïdes posent un risque particulier. Au Japon, ces substances sont étroitement contrôlées et souvent interdites à l’importation sans permis spécifique délivré à l’avance.

Même lorsque ces traitements sont prescrits pour des douleurs chroniques ou post-opératoires, leur possession sans autorisation peut entraîner des conséquences pénales sérieuses.

Les traitements hormonaux et médicaments spécialisés

Certains traitements hormonaux, notamment ceux utilisés dans des thérapies de transition ou des déséquilibres endocriniens, peuvent également poser problème selon leur composition. Les autorités japonaises examinent ces médicaments au cas par cas, et leur importation peut nécessiter une autorisation officielle appelée « Yakkan Shoumei ».

L’absence de ce document peut conduire à une saisie immédiate du traitement, avec des conséquences médicales et légales pour le voyageur.

Photo de Arnaud Gerard

Auteur : Arnaud Gérard

Ancien responsable régional du Grand-Ouest chez Europ Assistance, il a créé Assur-Travel avec Philippe Munier en 2004.

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