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L’arnaque du « workation » : pourquoi votre assurance habitation ne couvre pas votre MacBook à Bali
Publié le 19/01/2026 à 07h00
Le concept de « workation » séduit de plus en plus de télétravailleurs et de freelances. Travailler depuis Bali, Lisbonne ou Mexico tout en conservant un emploi ou une activité indépendante fait désormais partie des nouveaux modes de vie numériques. Pourtant, derrière cette promesse de liberté se cache une réalité juridique et assurantielle largement ignorée. En cas de vol, de casse ou de perte de matériel professionnel à l’étranger, de nombreux digital nomads découvrent trop tard que leur assurance habitation ne couvre tout simplement rien.
Le mythe d’une couverture mondiale de l’assurance habitation
Beaucoup de télétravailleurs partent à l’étranger en supposant que leur assurance habitation française ou européenne les protège automatiquement, y compris hors du domicile. Cette croyance repose sur une mauvaise interprétation des garanties « hors domicile », souvent mises en avant dans les contrats.
En réalité, ces garanties sont strictement limitées. Elles peuvent parfois couvrir des biens personnels lors de déplacements ponctuels, mais excluent très fréquemment les séjours prolongés à l’étranger, notamment hors Europe. Dès que le séjour dépasse une certaine durée ou sort du cadre du voyage touristique, la couverture devient inapplicable.
Le statut professionnel, facteur d’exclusion majeur
Le cœur du problème réside dans la nature professionnelle du matériel utilisé. Un MacBook, un appareil photo ou un smartphone utilisé pour travailler est généralement exclu des contrats d’assurance habitation classiques. Pour l’assureur, un objet devient professionnel dès lors qu’il génère des revenus, quel que soit l’endroit où il est utilisé.
Les freelances et indépendants sont particulièrement exposés. Contrairement aux salariés, ils ne bénéficient d’aucune couverture employeur. En cas de vol dans un café, un coworking ou un logement temporaire à Bali, l’assureur peut refuser toute indemnisation au motif que le matériel était professionnel et utilisé hors cadre privé.
Bali et les destinations hors Europe : une zone grise assurantielle
Les destinations favorites des digital nomads, comme Bali, la Thaïlande ou l’Amérique latine, accentuent le risque. De nombreux contrats limitent ou excluent la couverture hors Europe, ou imposent des plafonds d’indemnisation très faibles pour les biens emportés à l’étranger.
Certains assureurs excluent également les pays considérés comme à risque, sans communication claire auprès de l’assuré. Dans ce contexte, un vol de MacBook dans une villa, sur un scooter ou dans un espace de coworking peut entraîner une perte financière totale, légalement justifiée par les clauses du contrat.
Le flou volontaire autour du terme « workation »
Le terme « workation » n’a aucune existence juridique. Il ne correspond ni à un statut professionnel reconnu, ni à une catégorie assurantielle définie. Cette absence de cadre légal profite souvent aux assureurs, qui estiment que le contrat souscrit n’a jamais été conçu pour couvrir une activité professionnelle exercée à l’étranger sur la durée.
Les télétravailleurs se retrouvent ainsi dans une zone grise : ni touristes classiques, ni expatriés déclarés, ni assurés professionnels à l’international. Ce flou constitue l’une des principales causes de refus d’indemnisation.
Les conséquences concrètes pour les télétravailleurs et freelances
La perte d’un ordinateur de travail ne se limite pas à sa valeur matérielle. Elle entraîne souvent une interruption d’activité, une perte de données sensibles, des retards de livraison et parfois une rupture de contrat client. Pour un freelance, ces conséquences peuvent être économiquement critiques.
Malgré cela, les assurances habitation continuent d’être perçues comme suffisantes, alors qu’elles ne sont pas conçues pour couvrir le travail nomade.
Comment réellement protéger son matériel en workation
Pour être réellement couvert, un télétravailleur ou un freelance doit souscrire une assurance spécifique, intégrant explicitement :
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l’usage professionnel du matériel
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la couverture à l’international
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les séjours longue durée
Certaines assurances expatriés ou assurances pour indépendants proposent des garanties adaptées incluant le vol, la casse et parfois la perte de données. Il est indispensable de déclarer son activité réelle, la valeur exacte du matériel et les pays de séjour.
Une fausse sécurité largement répandue
L’« arnaque du workation » ne repose pas sur une fraude, mais sur une illusion de protection. De nombreux digital nomads partent convaincus d’être assurés, alors que leur contrat ne couvre ni leur statut ni leur mode de vie.
À mesure que le travail à distance se développe plus vite que les cadres juridiques, cette responsabilité repose sur les télétravailleurs eux-mêmes. Ne pas vérifier sa couverture, c’est accepter qu’un simple vol transforme un projet de liberté en problème financier majeur.
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Auteur : Arnaud Gérard
Ancien responsable régional du Grand-Ouest chez Europ Assistance, il a créé Assur-Travel avec Philippe Munier en 2004.
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