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Plongée sous-marine : à quelle profondeur votre assurance s’arrête-t-elle vraiment ?
Publié le 27/01/2026 à 13h00
La plongée sous-marine évoque la liberté, le silence et l’exploration des profondeurs. Mais derrière chaque immersion se cache une question cruciale, souvent négligée par les plongeurs : jusqu’à quelle profondeur êtes-vous réellement assuré ? Entre niveaux de certification, limites contractuelles et exclusions parfois bien dissimulées, la couverture d’assurance ne suit pas toujours nos bulles. Et en cas d’accident, quelques mètres de trop peuvent suffire à tout faire basculer.
Profondeur maximale : les grandes lignes
Assurances “plongée loisirs” standard
La plupart des assurances s’arrêtent entre 30 et 40 mètres.
- 30 m : il s’agit de la limite très courante pour les plongeurs N1 / Open Water
- 40 m : c’est souvent la limite max pour la plongée loisir encadrée (N2, Advanced)
Au-delà, on sort du cadre des loisirs, donc la couverture est souvent nulle sans extension.
Le facteur clé : votre certification
Le niveau de plongée
Chaque certification correspond à des compétences et à des profondeurs autorisées. Les assureurs s’alignent généralement sur ces standards :
- Open Water / Niveau 1 : ces plongeurs sont formés à évoluer à des profondeurs limitées, le plus souvent jusqu’à 18 ou 20 mètres, et généralement encadrés par un professionnel. En cas d’accident au-delà de cette profondeur, l’assureur peut considérer que la plongée sortait du cadre prévu et refuser la prise en charge ;
- Advanced Open Water / Niveau 2 : ces niveaux permettent d’atteindre des profondeurs plus importantes, en général jusqu’à 30 mètres, voire 40 mètres lorsqu’ils sont encadrés ou titulaires de la qualification appropriée. L’assurance couvre alors la plongée tant que les conditions (encadrement, planification, respect des paliers) sont conformes ;
- Niveau 3 / certifications Deep ou Tec : les plongeurs expérimentés peuvent être autorisés à descendre jusqu’à 60 mètres. Toutefois, cette profondeur n’est presque jamais couverte automatiquement. Elle nécessite le plus souvent une extension spécifique du contrat, car les risques physiologiques et logistiques augmentent fortement.
Le type de plongée
Le gaz respiré joue aussi un rôle clé dans la couverture :
- Air : généralement couvert dans le cadre loisir classique ;
- Nitrox : souvent inclus, à condition d’être certifié nitrox et de respecter les limites de profondeur du mélange ;
- Trimix et autres gaz techniques : presque toujours exclus par défaut, car considérés comme de la plongée technique. Une assurance dédiée est indispensable.
Encadré ou autonome
Enfin, l’assurance fait une distinction nette entre :
- plongée encadrée (avec un guide ou moniteur)
- plongée autonome
Un plongeur autorisé à 40 m en autonomie sera mieux couvert qu’un plongeur du même niveau dépassant cette profondeur sans encadrement adapté. À l’inverse, une plongée encadrée peut parfois permettre une couverture plus large… à condition que cela soit explicitement prévu au contrat.
Plongées souvent exclues par défaut
Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas la profondeur seule qui déclenche l’exclusion de garantie. Certaines pratiques sont considérées comme à risque élevé, et sont donc exclues d’office de nombreux contrats, même si la plongée se déroule à faible profondeur.
Plongée technique
La plongée dite technique (ou tec) englobe toutes les plongées qui sortent du cadre loisir : paliers obligatoires, utilisation de plusieurs blocs, procédures complexes, redondance du matériel, etc.
Pour les assureurs, cela implique un risque accru et une gestion des accidents plus lourde. Résultat : exclusion quasi systématique, sauf contrat ou option spécifique.
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Plongée au trimix
Le trimix (mélange oxygène, azote et hélium) est réservé aux plongées profondes ou techniques.
Même si le plongeur est certifié, la plupart des assurances loisir n’en veulent pas, car :
- les profils sont complexes ;
- les accidents peuvent être plus graves ;
- les coûts de prise en charge sont élevés.
Exemples concrets (très fréquents)
Accident à 45 m avec une assurance limitée à 40 m
Un plongeur certifié, assuré pour la plongée loisir jusqu’à 40 mètres, effectue une immersion à 45 m.
Même si l’accident (ADD, panne d’air, essoufflement) n’est pas directement lié au dépassement de profondeur, l’assureur peut refuser la prise en charge.
Pour l’assurance, la plongée était hors du cadre contractuel dès le passage sous les 40 m.
Résultat possible :
- pas de remboursement des frais médicaux ;
- pas de prise en charge du caisson hyperbare ;
- pas de rapatriement.
Plongée à 30 m sans la certification requise
Un plongeur Open Water / Niveau 1 descend à 30 mètres, parfois sous la pression du groupe ou par manque de vigilance.
Un incident survient (essoufflement, perte de palanquée, remontée rapide).
Même si 30 m peut sembler “raisonnable”, l’assureur constate que :
- la profondeur dépasse les prérogatives du niveau ;
- la plongée n’était pas conforme à la formation du plongeur.
Conclusion : refus de couverture, car la pratique est jugée non autorisée.
Plongée encadrée à 40 m avec le bon niveau
Un plongeur Niveau 2 / Advanced, dûment certifié, effectue une plongée encadrée à 40 mètres, dans une structure reconnue, avec un directeur de plongée et un profil respectant les règles de sécurité.
Un accident survient malgré tout.
Tous les critères sont réunis :
- profondeur autorisée par le niveau ;
- encadrement conforme ;
- plongée déclarée et planifiée ;
- contrat d’assurance couvrant jusqu’à 40 m.
Auteur : Arnaud Gérard
Ancien responsable régional du Grand-Ouest chez Europ Assistance, il a créé Assur-Travel avec Philippe Munier en 2004.
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