Tourisme spatial : pourquoi votre assurance vie pourrait s’annuler dès le décollage

Tourisme spatial : pourquoi votre assurance vie pourrait s’annuler dès le décollage

Publié le 29/01/2026 à 13h00

Pendant quelques minutes d’apesanteur, les touristes de l’espace admirent la courbure de la Terre, flottent dans la cabine et vivent ce que beaucoup décrivent comme l’expérience la plus intense de leur vie. Mais derrière les images spectaculaires diffusées par Blue Origin, Virgin Galactic ou SpaceX se cache une réalité beaucoup plus terre-à-terre : juridiquement, quitter l’atmosphère peut vous placer dans une zone grise…où votre assurance vie cesse parfois tout simplement d’exister.

Un rêve devenu (presque) accessible

Longtemps réservé aux astronautes professionnels, le vol spatial habité est désormais proposé à des civils fortunés. En 2021, Virgin Galactic a ouvert la voie avec des vols suborbitaux commerciaux. Blue Origin a suivi, tandis que SpaceX propose des missions orbitales privées, parfois de plusieurs jours.

Ces voyages restent extrêmement coûteux, mais ils ne sont plus de la science-fiction. Et comme pour toute activité à risque, une question s’impose : que se passe-t-il si quelque chose tourne mal ?

L’assurance vie face à l’espace : un contrat très terrestre

La plupart des contrats d’assurance vie ont été conçus pour des risques…terrestres. Accidents domestiques, maladies, catastrophes naturelles, parfois même les sports extrêmes : tout est encadré, listé, balisé.

Mais l’espace, lui, n’apparaît presque jamais explicitement.

Dans de nombreux contrats, on trouve pourtant des clauses d’exclusion qui peuvent s’appliquer directement aux vols spatiaux, notamment :

  • la participation à des activités aériennes non commerciales ;
  • les sports ou activités à risque exceptionnel ;
  • les situations impliquant des engins expérimentaux ;
  • ou encore les actes assimilés à des missions dangereuses volontaires.

Or, d’un point de vue juridique, un vol spatial touristique peut cocher plusieurs de ces cases à la fois.

À partir de quand est-on “dans l’espace” ?

La question peut sembler philosophique, mais elle est centrale pour les assureurs. La frontière communément admise entre l’atmosphère et l’espace est la ligne de Kármán, située à environ 100 kilomètres d’altitude. Certains acteurs, comme la NASA ou l’US Air Force, utilisent toutefois une limite plus basse, autour de 80 kilomètres.

Pourquoi est-ce important ?
Parce qu’un vol suborbital franchit brièvement cette frontière avant de revenir sur Terre. Pour un assureur, cela peut suffire à considérer que l’assuré a quitté le cadre de risque prévu au contrat, même si le vol ne dure que quelques minutes.

Des passagers…mais pas vraiment protégés

Les entreprises de tourisme spatial font signer à leurs clients des waivers, des documents juridiques dans lesquels ils reconnaissent explicitement les risques  y compris le risque de mort et acceptent de ne pas poursuivre l’opérateur en cas d’accident.

Ces documents protègent les entreprises, pas les passagers.

Rien n’oblige en revanche un assureur vie à maintenir sa couverture si le décès survient lors d’une activité exclue. Résultat : dans certains scénarios, les proches d’un touriste spatial décédé pourraient découvrir que le capital prévu ne sera jamais versé.

Un vide juridique encore largement intact

Le droit spatial international s’est surtout construit autour des États et des agences gouvernementales. Les vols privés habités sont récents, et les législations nationales évoluent plus lentement que la technologie.

Aujourd’hui :

  • il n’existe pas de standard international imposant une couverture assurance vie pour les touristes spatiaux ;
  • les obligations d’assurance concernent principalement la responsabilité civile des opérateurs, pas la protection des passagers ;
  • les assureurs évaluent les risques au cas par cas, souvent avec une extrême prudence.

Pour beaucoup d’entre eux, le tourisme spatial reste une activité expérimentale, avec trop peu de données statistiques pour être intégrée proprement dans les modèles actuariels classiques.

Peut-on quand même s’assurer pour un vol spatial ?

Oui… mais pas avec un contrat standard.

Certains assureurs spécialisés acceptent de proposer :

  • des avenants temporaires couvrant explicitement le vol spatial ;
  • ou des polices sur mesure, avec des primes extrêmement élevées.

Dans certains cas, la prime peut représenter plusieurs pourcents,  voire des dizaines de pourcents du capital assuré, pour un vol qui dure moins d’une heure. Autrement dit, l’assurance peut coûter presque aussi cher que l’expérience elle-même.

Un problème appelé à grandir

Aujourd’hui, les touristes spatiaux se comptent en dizaines. Demain, si les coûts baissent et que les vols se multiplient, la question de l’assurance deviendra impossible à ignorer.

Les assureurs devront trancher :

  • le vol spatial est-il un transport, comme l’avion ?
  • un sport extrême ?
  • ou une activité à part, nécessitant un cadre juridique entièrement nouveau ?

En attendant, une chose est sûre : quitter la Terre, même brièvement, ce n’est pas seulement défier la gravité. C’est aussi sortir du périmètre de nombreuses protections que nous considérons comme acquises.

Imprévus et conditions extrêmes

En Laponie, la météo peut jouer des tours: tempêtes de neige soudaines, itinéraires fermés temporairement, avions retardés ou bagages égarés. Une assurance voyage offre alors une protection efficace face à tous ces aléas typiques d’un voyage hors des sentiers battus.

Mieux vaut donc partir l’esprit léger et profiter pleinement de chaque instant sans inquiétude, que l’on voyage seul, en famille ou dans le cadre d’un circuit multi-activités. Quelques clics suffisent pour choisir la formule adaptée et s’envoler sereinement à la découverte du monde arctique.

Photo de Arnaud Gerard

Auteur : Arnaud Gérard

Ancien responsable régional du Grand-Ouest chez Europ Assistance, il a créé Assur-Travel avec Philippe Munier en 2004.

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