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Faire le tour du monde sans prendre l’avion : Folie ou ultime liberté en 2026 ?
Publié le 08/02/2026 à 09h00
Et si le vrai luxe n'était plus de traverser l'Atlantique en 8 heures, mais de sentir chaque kilomètre défiler sous ses pieds ? À l'heure de l'urgence climatique et de la saturation des aéroports, le "Flight Free Travel" (voyager sans avion) devient le nouveau graal des aventuriers. Mais est-ce vraiment réalisable pour un tour du monde ? On a fait le calcul.
Pourquoi tout le monde veut (enfin) ralentir ?
Le mouvement Slow Travel n'est plus une niche. C'est une quête de sens. Voyager sans avion, c'est refuser la "téléportation" pour redécouvrir la géographie. C'est aussi un geste fort : un vol Paris-New York émet environ 1 tonne de CO2, soit la moitié du quota annuel recommandé pour respecter les accords de Paris.
Le casse-tête des océans : Cargo ou Voilier ?
C’est le point critique d’un tour du monde terrestre. Comment traverser sans ailes ?
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Le Cargo-Biling : Vous embarquez sur un porte-conteneurs. C’est une expérience brute, silencieuse, où vous vivez au rythme des officiers de marine.
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Le Bateau-Stop : Des plateformes comme Crewbay ou Sailing Vessel permettent de trouver des skippers cherchant des équipiers.
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Les lignes de ferry transatlantiques : Bien que plus rares, certaines liaisons existent encore entre l'Europe et l'Amérique du Sud via le Cap-Vert.
Traverser les continents : Les lignes mythiques
Une fois à terre, le monde vous appartient. Voici les trois épines dorsales d'un voyage sans avion :
L'Eurasie par le rail
Le Transsibérien (ou ses alternatives via la soie par l'Asie Centrale) reste le moyen le plus efficace de relier l'Europe à l'Asie. En 2026, de nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse en Asie du Sud-Est facilitent grandement la traversée du Laos au Vietnam.
Les Amériques par la route
De l'Alaska à la Terre de Feu, la Panaméricaine est la route de référence. Attention toutefois au "Bouchon du Darién" entre Panama et la Colombie : cette zone de jungle impénétrable oblige souvent à prendre un voilier pour contourner la côte.
L'Afrique en bus et train
Un défi logistique immense mais gratifiant. Le réseau de bus est dense, bien que le confort soit spartiate, et les lignes de train (comme le Tazara entre la Tanzanie et la Zambie) offrent des paysages époustouflants.
Est-ce vraiment plus économique ?
C'est l'idée reçue la plus courante. Non, voyager sans avion ne coûte pas forcément moins cher. * Le prix du temps : Un trajet de 15 jours en cargo peut coûter entre 1 000€ et 2 500€ (nourri/logé), soit bien plus qu'un vol low-cost.
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L'économie cachée : Vous économisez des nuits d'hôtel en dormant dans les trains ou les bus.
Le saviez-vous ? En 2026, plusieurs pass ferroviaires mondiaux commencent à voir le jour pour encourager le tourisme décarboné.
3 conseils pour réussir votre "No-Fly" trip
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Anticipez les visas : Passer les frontières terrestres est parfois plus complexe qu'à l'aéroport (ex: visa de transit pour la Chine ou l'Asie Centrale).
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Voyagez léger : Vous allez porter votre sac dans des gares, des cales de bateaux et des bus bondés. 10 kg maximum.
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Lâchez prise : Le retard fait partie du voyage. Sans avion, le trajet est la destination.
Verdict : Possible ou pas ?
OUI, c'est possible, mais cela demande de la patience et un budget "temps" conséquent (comptez minimum 6 à 8 mois pour un tour du monde complet). C'est un retour à l'aventure avec un grand A.
Alors, prêt à brûler votre carte de fidélité aérienne pour découvrir le monde à 80 km/h ?
Auteur : Arnaud Gérard
Ancien responsable régional du Grand-Ouest chez Europ Assistance, il a créé Assur-Travel avec Philippe Munier en 2004.
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