Camping sauvage : la vérité sur ce que vous pouvez (et ne pouvez pas) faire en Europe

Camping sauvage : la vérité sur ce que vous pouvez (et ne pouvez pas) faire en Europe

Publié le 27/12/2025 à 06h45

Le camping sauvage attire de plus en plus d’amateurs de nature et de liberté. Dormir sous les étoiles, loin des campings bondés, est une expérience unique. Cependant, cette pratique n’est pas autorisée partout. Chaque pays possède ses propres règles concernant le bivouac et le camping sauvage. Avant de planter votre tente, il est essentiel de connaître la législation locale pour éviter les mauvaises surprises, voire des amendes. Voici un tour d’horizon des règles du camping sauvage selon plusieurs pays.

En France : une tolérance encadrée

En France, le camping sauvage est globalement interdit, sauf autorisation explicite du propriétaire du terrain.
Le bivouac, en revanche, c’est-à-dire le fait de passer une seule nuit sans installation fixe (tente légère, pas de feu, pas de mobilier), est souvent toléré dans les parcs nationaux et régionaux, sous certaines conditions :

  • Monter sa tente au coucher du soleil et la démonter au lever du jour ;
  • Ne pas s’installer à moins d’un kilomètre d’un site classé, d’une route ou d’un point d’eau potable ;
  • Laisser le lieu propre et sans trace de passage.

Certains parcs, comme ceux des Écrins, de la Vanoise ou des Pyrénées, autorisent le bivouac dans des zones précises. Il est donc indispensable de consulter le règlement local avant toute installation.

En Suisse : une liberté sous conditions

La Suisse est souvent considérée comme un pays favorable au camping sauvage. Le bivouac individuel est généralement autorisé en montagne et dans les zones non protégées.
Toutefois, plusieurs règles s’appliquent :

  • Il faut toujours demander l’accord du propriétaire sur les terrains privés.
  • Le camping sauvage est interdit dans les réserves naturelles et les zones de protection de la faune.
  • Les feux de camp sont souvent interdits pour prévenir les incendies.

La discrétion et le respect de l’environnement sont essentiels. Si vous laissez le lieu propre et ne restez qu’une seule nuit, vous serez rarement inquiété.

En Suède : la liberté du “droit de tout un chacun”

La Suède est un véritable paradis pour les campeurs. Grâce au “Allemansrätten”, le droit de tout un chacun, toute personne peut camper presque partout dans la nature, à condition de respecter certaines règles :

  • Rester à une distance raisonnable des habitations ;
  • Ne pas déranger la faune ni endommager la flore ;
  • Camper une ou deux nuits maximum au même endroit ;
  • Ramener tous ses déchets.

Ce droit d’accès à la nature existe également en Norvège et en Finlande, avec des principes similaires. C’est l’esprit scandinave : liberté, mais responsabilité.

En Espagne : une réglementation régionale stricte

En Espagne, le camping sauvage est dans la majorité des cas interdit, notamment sur le littoral, les plages et les zones touristiques.
Certaines régions, comme la Galice ou l’Aragon, sont un peu plus tolérantes, mais il est souvent nécessaire de demander une autorisation municipale.
En revanche, le bivouac en montagne est parfois autorisé, par exemple dans les Pyrénées espagnoles, à condition qu’il reste discret et temporaire.

Au Portugal : une tolérance limitée

Le Portugal a récemment renforcé ses restrictions, notamment en raison des incendies de forêt et du tourisme intensif.
Le camping sauvage est interdit sur les plages et dans les zones naturelles protégées, mais dans les terres, le bivouac discret est parfois toléré, surtout hors saison.
Le pays propose même une application officielle, “Regulamento do Autocaravanismo”, qui indique les zones où le camping est autorisé ou non.

Au Canada : une nature immense, mais réglementée

Le Canada offre des paysages spectaculaires, mais les règles varient selon les provinces.

  • Dans les parcs nationaux, il est obligatoire de camper dans les zones désignées.
  • Dans les forêts publiques, appelées “Crown lands”, le camping sauvage est souvent autorisé jusqu’à 21 jours au même endroit, à condition de respecter la nature.
  • Les feux de camp sont soumis à des restrictions saisonnières.

Avant de s’aventurer dans la nature canadienne, il est donc essentiel de se renseigner sur la réglementation propre à chaque région.

Photo de Arnaud Gerard

Auteur : Arnaud Gérard

Ancien responsable régional du Grand-Ouest chez Europ Assistance, il a créé Assur-Travel avec Philippe Munier en 2004.

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