Road trip en Nouvelle-Zélande : Comment être écolo sur la route ?

Publié le 16/03/2020 à 10h23 et mis à jour le 09/11/2020 à 15h21

La Nouvelle-Zélande… Ses paysages incroyables, ses volcans, ses forêts primaires, son rugby et … ses camping-car ! Dans l’imaginaire collectif, la Nouvelle-Zélande apparaît comme une terre d’aventure réservée à des backpackers endurcis par la route et tannés au soleil. Des hippies modernes en quête de retour à la vie sauvage. Sauf qu’ils se déplacent en van aménagé… pas si écolo que ça finalement ! Voyons de plus près le phénomène de ces voyageurs qui emmènent leur maison partout.

Un réseau de transport peu développé

Les européens sont habitués à un réseau de transport très développé, avec de multiples possibilités de voyages : train, bus, avion, covoiturage… Mais certains pays, comme la Nouvelle-Zélande, ont très peu d’infrastructures pour accueillir les voyageurs tous terrains. Le territoire comprend une seule route principale qui va du Nord au Sud et se ramifie en quelques routes secondaires desservant les principales villes. Hormis l’avion et le ferry pour aller de l’île du Nord à l’île du Sud, le moyen de transport le plus pratique reste le véhicule individuel.

Un pays jeune, encore en construction

Savez-vous que la Nouvelle-Zélande est le pays habité le plus récemment par l’Homme ? La population Maori, d’origine polynésienne, est la première à avoir mis le pied sur les terres d’Aotearoa (nom māori de la Nouvelle-Zélande) à partir du 8ème siècle. Cela fait de ce pays l’un des plus jeunes à l’échelle de l’humanité. Avant le 19ème siècle, la forêt représentait 80% du territoire ; les réseaux routiers et de transports se sont construits bien plus tard. Par ailleurs, la faible densité de population – moins de 5 millions d’habitants pour un territoire équivalent à la France – ne justifie pas d’investissements dans de nouvelles infrastructures.
Ainsi, les backpackers et leur envie débordante de liberté se tourneront presque tous vers l’achat ou la location d’un véhicule aménagé pour tailler la route et découvrir ce magnifique pays.

Mais attention à rester respectueux !

Les backpackers sont redoutés par les habitants pour les traces qu’ils laissent de leur passage. On ne vit pas uniquement de pêche et de cueillette et, si l’on veut restreindre son impact sur l’environnement, la vie sur la route demande de l’organisation, que l’on circule en van « self contained », c’est-à-dire autonome, ou non.
En étant « self contained », les voyageurs ont un réservoir d’eaux usées et d’eau propre (et aussi des toilettes pour les plus courageux). Ils peuvent ainsi faire la vaisselle à bord de leur véhicule et même, un brin de toilette. Les vans qui ne sont pas “self-contained” dépendent des points d’eau disponibles et doivent stationner dans des espaces dédiés, bien souvent des campings payants.

L’hygiène, la grande question pour les voyageurs en van

Quelles sont les options pour se laver, lorsque l’on vit dans un van ? – la toilette à l’intérieur du van – la douche payante dans les stations services ou les piscines municipalesla douche de plage -compliqué en hiver- et dont les effluents s’écoulent directement dans la mer. (A l’origine, les douches de plage ont été conçues pour se rincer de l’eau salée et non pour prendre une douche savonneuse !) – le bain de rivière, si l’on ne craint pas le froid. Là aussi, attention aux savons non biodégradables !

Il existe des savons biologiques qui peuvent être utilisés dans les eaux naturelles comme le savon magique du Dr Bronner ou le savon biologique outdoor. Souvent multitâches : corps, cheveux, linge, vaisselle, leur usage doit cependant rester exceptionnel, car leurs effets sur l’eau et son environnement demeurent peu connus.

La gestion des déchets, une priorité

L’autre élément d’importance dans un van est l’organisation de la poubelle. Cela peut paraître évident, encore faut-il avoir réfléchi à un endroit dédié, pour la vider facilement et contenir les odeurs. Et gare aux Weka, ces oiseaux qui ressemblent aux Kiwis et s’amusent à fouiller dans les poubelles, éventuellement à partir avec, en les renversant au passage, ce qui est plus drôle.

D’un point de vue pratique, les poubelles se remplissent très vite dans le van, c’est pourquoi il faut éviter les produits qui contiennent trop d’emballage. Un geste écolo qui limitera la recherche de bennes à ordures sur la route, qui peuvent se faire rare.
Pour le reste, être écolo, dans un van comme chez soi, c’est avant tout une question de bon sens.

Pour la nourriture et les produits d’entretien, on privilégiera les produits naturels. Il existe Huckleberry, une chaîne de boutiques bios située à Auckland et Tauranga où l’on peut acheter les produits non périssables avant le départ (liquide vaisselle, savons, sucre etc..). Sur la route, les tarifs très abordables de Pak’n’Save seront convaincants avec de nombreux produits bios. Dans le van, on peut aisément stocker des produits en vrac dans des pots, à condition d’être bien rangés.

Un tourisme dangereux qui peut avoir des conséquences irréversibles

D’après le New York Times, en 2024, la Nouvelle-Zélande comprendra plus de touristes que d’habitants. Les dérives du tourisme de masse sur l’environnement apparaissent depuis de nombreuses années et semblent s’intensifier. Rodolphe Christin, sociologue et essayiste français parle d’une étude récente d’un chercheur australien qui évalue à 8% la part du tourisme dans la production de gaz à effet de serre par les activités humaines. De nombreux sites naturels et historiques sont menacés par les flux incessants de visiteurs : Venise, l’île de Pâques, le Macchu Picchu, l’Everest, le Mont Blanc… La liste est longue et l’Organisation mondiale du tourisme s’inquiète de cette véritable menace sur la pérennité des sites.

Il ne faut pas se laisser berner par le sentiment de liberté dû à un rapprochement soudain avec la nature. C’est une grande responsabilité pour les voyageurs qui tentent l’expérience et cela en fait une excellente façon de tester ses compétences d’éco-citoyen sur place et au retour chez soi.

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