Il part 3 jours à Rome…et reçoit 14 000 € de facture médicale

Il part 3 jours à Rome…et reçoit 14 000 € de facture médicale

Publié le 24/02/2026 à 13h00

Un week-end improvisé.
Un vol low cost.
Trois jours à Rome pour profiter du soleil et des pâtes fraîches.

Ce voyage devait coûter 280 €.
Il en coûtera finalement…14 000 €.

Voici ce qui s’est passé et pourquoi cela peut arriver à n’importe qui.

Un séjour qui bascule en quelques secondes

Le deuxième jour, en descendant des marches près du Colisée, il glisse.
Chute brutale. Douleur intense à la jambe. Impossible de se relever.

Les secours arrivent rapidement. Direction un hôpital privé de Rome.
Diagnostic : fracture complexe du tibia. Opération nécessaire.

Sur le moment, une seule priorité : se faire soigner.

La question de la facture viendra plus tard.

14 000 € pour 48 heures d’hospitalisation

Le choc initial passé, vient le moment de comprendre l’ampleur des conséquences…financières cette fois.

Le détail de la facture tombe, implacable :

  • Ambulance : 800 € – le trajet rapide jusqu’à l’hôpital privé, mais déjà un coût qui surprend.

  • Examens (radio, scanner, analyses) : 2 300 € – chaque cliché, chaque résultat, chaque mesure est facturé.

  • Bloc opératoire : 6 500 € – l’intervention pour repositionner l’os et sécuriser la jambe.

  • Deux nuits en chambre : 2 000 € – le confort d’une chambre privée a un prix que l’on n’imagine jamais.

  • Honoraires chirurgien et anesthésiste : 2 400 € – les professionnels qui ont sauvé sa jambe.

Total : près de 14 000 €.

Il ferme les yeux un instant, incrédule. « Mais j’ai la carte européenne d’assurance maladie », pense-t-il, soulagé.

Oui, la carte existe. Elle permet de recevoir des soins dans les hôpitaux publics européens. Mais ici, tout est privé. Et même en hôpital public, certains frais restent à la charge du patient, surtout pour les examens avancés, les dépassements d’honoraires ou le rapatriement.

Une simple escapade de trois jours se transforme en leçon : voyager sans assurance solide, même en Europe, peut coûter des milliers d’euros en quelques heures.

Carte européenne : une protection limitée

La CEAM (Carte Européenne d’Assurance Maladie) permet d’être pris en charge dans les hôpitaux publics des pays de l’UE, comme l’Italie.

Le problème ?

  • Tous les établissements ne sont pas publics ;
  • Certains frais restent à avancer ;
  • Les dépassements d’honoraires ne sont pas toujours couverts ;
  • Aucun rapatriement n’est inclus.

Dans son cas, l’hôpital était privé.
Résultat : avance des frais quasi complète.

Ce qu’une assurance voyage aurait couvert

Une assurance voyage classique aurait généralement pris en charge :

  • Les frais médicaux d’urgence ;
  • L’opération ;
  • L’hospitalisation ;
  • Le rapatriement médicalisé vers la France ;
  • Les frais de transport du proche accompagnant.

Pour un week-end en Europe, le coût d’une assurance varie souvent entre 10 et 25 €.

Une somme dérisoire face à 14 000 €.

“Ma carte bancaire me couvre, non ?”

Certaines cartes premium incluent une assurance voyage.
Mais attention :

  • Il faut avoir payé le séjour avec la carte ;
  • Les plafonds peuvent être limités ;
  • Les démarches sont parfois longues ;
  • Certaines garanties excluent les séjours courts ou certains actes.

Beaucoup de voyageurs pensent être protégés…jusqu’au moment de lire les petites lignes.

Les accidents à l’étranger sont plus fréquents qu’on ne le croit

Chutes, accidents de scooter, intoxications alimentaires, appendicites…
Même pour un séjour court, le risque zéro n’existe pas.

Et dans les zones touristiques, les hôpitaux privés sont souvent les premiers à intervenir.

La leçon à retenir

Pour trois jours à Rome, personne ne pense à souscrire une assurance.

On se dit :
“C’est l’Europe.”
“Je ne pars pas loin.”
“Ça n’arrive qu’aux autres.”

Lui aussi.

Aujourd’hui, il rembourse encore les frais avancés.

Un court séjour ne signifie pas petit risque.
Et parfois, la vraie facture arrive après les vacances.

Photo de Arnaud Gerard

Auteur : Arnaud Gérard

Ancien responsable régional du Grand-Ouest chez Europ Assistance, il a créé Assur-Travel avec Philippe Munier en 2004.

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